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Tensions en RDC : le Burundi craint une guerre régionale et met en garde contre les actions du Rwanda

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Alors que les combats s’intensifient dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le président burundais Évariste Ndayishimiye a exprimé ses inquiétudes quant à un possible embrasement régional. Dans une déclaration du 1er février 2025, il a accusé le Rwanda de représenter une menace pour son pays et pour la stabilité de la région, appelant la communauté internationale à agir.

La crise sécuritaire en RDC continue de s’aggraver avec l’avancée du groupe rebelle M23, soutenu par Kigali selon plusieurs rapports. Le président burundais Évariste Ndayishimiye a mis en garde contre une extension du conflit à l’ensemble de la région des Grands Lacs. « Si l’est du Congo n’a pas la paix, la région n’a pas la paix », a-t-il déclaré sur sa chaîne YouTube officielle, soulignant que la guerre pourrait toucher plusieurs pays voisins, dont la Tanzanie, l’Ouganda et le Kenya.

 

Le Burundi, qui a déployé environ 10 000 soldats en RDC dans le cadre d’un accord de coopération militaire avec Kinshasa signé en août 2023, se retrouve en première ligne du conflit. Ces troupes, initialement basées au sud de Bukavu, ont été redéployées pour contenir l’avancée du M23 vers la capitale provinciale du Sud-Kivu.

 


Dans son allocution, Évariste Ndayishimiye a affirmé que le Rwanda « prépare quelque chose » contre son pays et a dénoncé une volonté de conquête de la part de son voisin. Il a averti que le Burundi ne resterait pas passif face à une telle menace.

Kigali a fermement nié toute implication militaire en RDC. Toutefois, un rapport d’experts des Nations unies indique que le Rwanda aurait déployé environ 4 000 soldats sur le sol congolais et exercerait un contrôle « de facto » sur le M23.

Les affrontements autour de Goma, capitale du Nord-Kivu, et de Minova, dans le Sud-Kivu, ont été particulièrement meurtriers. Selon l’ONU, au moins 700 personnes ont perdu la vie et 2 800 autres ont été blessées entre le 28 janvier et le 1er février 2025.

Des sources militaires burundaises rapportent également des pertes parmi leurs soldats, engagés dans la défense de Bukavu contre l’avancée du M23 et des forces rwandaises présumées.

 

Face à l’intensification des combats et à l’implication de plusieurs acteurs régionaux, Évariste Ndayishimiye exhorte la communauté internationale à réagir. Il appelle les organisations africaines et internationales à prendre la mesure de la menace et à intervenir pour éviter une déstabilisation généralisée de la région des Grands Lacs.

L’avenir de la région des Grands Lacs repose désormais sur la capacité des acteurs régionaux et internationaux à prévenir une escalade incontrôlable du conflit. Sans une action concertée, les tensions entre la RDC, le Rwanda et le Burundi risquent de plonger toute la zone dans une instabilité durable, avec des conséquences humanitaires et sécuritaires incalculables.

 

M.A