La Haute autorité de la communication (HAC) de Guinée a pris mercredi des mesures disciplinaires contre deux médias internationaux. La chaîne française France 24 a fait l'objet d'une mise en demeure, tandis que le correspondant du journal Jeune Afrique s'est vu retirer son accréditation.
Ce mercredi, la Haute autorité de la communication (HAC) a officiellement protesté auprès de la chaîne télévisée publique française France 24. En cause : l'utilisation du terme « président putschiste » pour qualifier le chef de l'État Mamadi Doumbouya lors d'un journal télévisé diffusé le 14 septembre.
Arrivé au pouvoir à la suite d'un coup d'État en 2021, le général Mamadi Doumbouya s'est ensuite fait élire président en décembre 2025, lors d'un scrutin organisé sans opposant d'envergure. Dans son communiqué, l'organe de régulation guinéen estime que France 24 a « délibérément utilisé un qualificatif inapproprié » et « sciemment choisi d'ignorer la légitimité issue des urnes ».
France 24 annonce des excuses à l'antenne
Bien qu'aucune sanction matérielle n'ait été prononcée pour l'instant, la HAC a invité la chaîne à corriger ses contenus sur ses plateformes numériques, tout en se réservant le droit d'infliger des sanctions en cas de récidive.
La chaîne du groupe France Médias Monde a reconnu que le terme faisait référence au coup d'État de 2021 sans tenir compte de l'élection de 2025. La rédaction a annoncé qu'elle allait présenter ses excuses et apporter la rectification nécessaire à l'antenne.
Retrait d'accréditation pour le correspondant de Jeune Afrique
Quelques heures seulement après l'avertissement adressé à France 24, la HAC a annoncé une mesure plus radicale à l'encontre de M. Mamadou Diawo Barry, correspondant du journal Jeune Afrique en Guinée. L'organe de régulation a décidé du « retrait immédiat » de son accréditation journalistique, évoquant de « graves violations des obligations éthiques et déontologiques » ainsi que des « manquements professionnels », sans toutefois préciser les articles ou écrits incriminés.
Ces décisions surviennent dans un contexte politique particulièrement restreint. Depuis la prise de pouvoir de Mamadi Doumbouya, les voix dissidentes sont fortement limitées : les principaux partis politiques ont été dissous, les manifestations sont prohibées et réprimées, et de nombreuses figures de l'opposition ont été arrêtées, contraintes à l'exil ou sont portées disparues. L'accès à internet et aux réseaux sociaux subit également des restrictions régulières dans le pays.

