À LA UNE Mali : un journaliste condamné à 2 ans de prison ferme Mardi 15 septembre 2026 · Lomé

Bénin : la menace terroriste barricade les écoles dans le nord

Bénin : la menace terroriste barricade les écoles dans le nord

Alors que les élèves ont repris le chemin de l’école ce lundi, le gouvernement béninois a ordonné la fermeture et la délocalisation des établissements scolaires dans dix communes septentrionales. Une mesure d'urgence face aux incursions répétées des groupes armés venus du Sahel.

Face au risque grandissant d'attaques jihadistes, les écoles de dix communes des départements dans le nord du pays resteront portes closes. Les élèves concernés devront reprendre les cours dans des zones plus sécurisées où leurs classes ont été déplacées.

Protéger les élèves, la priorité des autorités
Confirmée par des sources éducatives et le ministère de l’Enseignement primaire, cette décision vise à soustraire les enfants aux frappes ciblées des groupes armés opérant aux frontières du Burkina Faso et du Niger.
Lors d'un point presse tenu jeudi à Parakou, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a rappelé la vulnérabilité des infrastructures scolaires :
"Dans plusieurs pays voisins, les écoles figurent parmi les cibles privilégiées des groupes armés, au même titre que les commissariats. Les écoles qui ont été fermées, c'est pour le bien des enfants, on a délocalisé."
Si les communes de Matéri, Karimama ou Malanville ont été explicitement citées, le gouvernement refuse catégoriquement d'établir une cartographie précise des fermetures par crainte de compromettre la sécurité des nouveaux sites. "Nous évitons de communiquer sur le nombre d'établissements ainsi que leur liste", a confié un directeur départemental de l'Enseignement, une précaution également confirmée par plusieurs parents d'élèves.

Le nord du pays face au défi sécuritaire
Depuis plusieurs années, le Bénin fait face à l'insécurité grandissante dans ses zones frontalières. L'expansion des groupes armés y est facilitée par la densité des forêts classées et des parcs du complexe W-Arly-Pendjari, véritables zones de repli stratégiques pour échapper aux opérations des armées nationales.
Alors que l'année 2025 a été qualifiée de "la plus meurtrière" pour l'armée béninoise par l'ONG Acled, la gestion de cette crise sécuritaire constitue désormais le défi prioritaire du président Romuald Wadagni. En attendant une stabilisation de la région, l'urgence reste d'assurer le droit à l'éducation sans exposer la jeunesse aux tirs croisés du conflit sahélien.