Le couperet est tombé ce lundi 14 septembre 2026. Attendu depuis plus de trois mois, le délibéré concernant le Directeur de publication du journal TEMOIN a scellé son sort : sa privation de liberté est prolongée jusqu'en juin 2028.
Présenté à la barre du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité, le patron de presse, qui officie également comme chroniqueur dans l'émission GRAND JURY sur Renouveau TV, a écopé d'une peine de deux ans de prison ferme, sans sursis. Le tribunal a ainsi suivi quasi intégralement les réquisitions du procureur de la République.
Des propos sur la situation à Kidal à l'origine de l'arrestation
L'affaire remonte au 9 juin dernier, date à laquelle le journaliste a été arrêté et placé en détention. C'est précisément une intervention dans le cadre de l'émission GRAND JURY qui a déclenché les poursuites judiciaires. Il lui est reproché d'avoir tenu des « propos subversifs » à l'encontre de l'État, portant sur la rébellion dans la région de Kidal.
Sur le plan financier, les juges ont révisé à la baisse le montant des réparations : Abdramane Keita devra verser 1 million de francs CFA au titre des dommages et intérêts, alors que le contentieux de l'État en réclamait initialement 1,5 million.
Une vague de procédures contre la presse
Cette condamnation s'inscrit dans un contexte particulièrement tendu pour la profession. Le Directeur de publication du journal TEMOIN n'est en effet pas le seul confrère dans le viseur des autorités judiciaire et sécuritaire. D'autres figures des médias, à l'instar de Chahana Takiou et de Youssouf Sissoko, ont également été déférées devant la justice sous des griefs similaires.
Avec cette peine ferme purgée jusqu'en 2028, la décision rendue ce lundi confirme la fermeté des autorités face aux prises de parole médiatiques touchant aux questions de sécurité nationale.

