Fin février 2025, le président béninois Patrice Talon a accordé une interview exclusive au média pro-français “Jeune Afrique” (JA). Il est revenu sur les graves accusations du président Burkinabè Ibrahim Traoré contre son gouvernement qui aurait donné carte blanche à la France d'installer “des bases” au Nord du Bénin.
En juillet 2024, le capitaine Traoré a accusé la Côte d'Ivoire et le Bénin de vouloir déstabiliser son pays. Devant les "forces vives" du Burkina Faso, le président a accusé le Bénin (ses autorités, ndlr) d'héberger “deux bases françaises” dans sa partie nord. Selon lui, ces bases seraient un "centre des opérations des terroristes" qui frappent régulièrement le Burkina Faso.
Cotonou avait vigoureusement contesté ces accusations.
"Ainsi, après le Niger, c'est au tour du Burkina Faso d'emboucher cette trompette nauséeuse de désinformation qui alimente non le patriotisme, mais plutôt la rancœur des populations et menace à terme la coexistence pacifique des peuples", avait réagi le porte-parole du gouvernement béninois, Wilfried Léandre Houngbedji, sur sa page Facebook.

Des mois après ces tensions diplomatiques entre le Bénin et ses voisins immédiats, le président Patrice Talon a pris officiellement la parole pour essayer d'élucider cette affaire qui a dangereusement compromis la coopération sécuritaire dans la sous-région.
A la question de JA de savoir si l𝗲 𝗽𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗧𝗿𝗮𝗼𝗿𝗲́, a 𝗽𝗿𝗲́𝘀𝗲𝗻𝘁𝗲́ 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗲𝘂𝘃𝗲𝘀 de l'existence de ses bases françaises à Patrice Talon, ce dernier répond par la négative.
"Non. Quand on dispose de ce genre de preuves, en général, on les expose publiquement", répond le président Patrice Talon.
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Plus de coopération avec le Burkina Faso et le Niger
La coopération sécuritaire est malheureusement devenue inexistante entre le Bénin et ses voisins. Ces derniers affirment régulièrement que le Bénin maintient et renforce la présence militaire française sur son territoire, ce qui naturellement compromet la bonne coopération sécuritaire.
“En ce qui nous concerne, aucune (coopération, ndlr). Nous les relançons régulièrement, en leur expliquant qu’une telle coopération non seulement nous permettrait de sortir de la situation de conflit asymétrique que nous subissons, mais servirait leurs propres intérêts sécuritaires. Nous n’obtenons pas de réponse. En attendant, nous faisons le maximum d’efforts pour renforcer nos propres lignes de défense et, si je puis dire, pour « blinder » le Bénin contre le terrorisme”, indique Patrice Talon.
Il faut rappeler que la France milite continuellement pour envahir militairement le Niger et tout le Sahel dans le cadre de sa volonté de “recolonisation” de ces pays en lutte pour leur affranchissement de l'impérialisme français. Ce qui aurait renforcé la suspicion des autorités des pays du sahel à l'encontre des dirigeants ouest-africains qui continuent de coopérer militairement avec la France. Vivement une bonne entente entre ces pays pour éradiquer le terrorisme dont se nourrissent les puissances étrangères.