Burkina Faso : la Belgique a assimilé « les cours de souveraineté »

Burkina Faso : la Belgique a assimilé « les cours de souveraineté »

Alors que les tensions diplomatiques s'accumulent entre la Confédération des États du Sahel et plusieurs chancelleries occidentales, la Belgique choisit la voie de l'apaisement et du pragmatisme. En visite officielle de trois jours à Ouagadougou, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires européennes belge, Maxime Prévot, a été reçu jeudi par le président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré.

 

Cette rencontre au sommet marque une rupture claire avec la posture offensive adoptée par d'autres partenaires européens, au premier rang desquels figure la France. Consciente des frictions récentes (illustrées fin juin par la convocation de l'ambassadeur de l'Union européenne (UE) puis par l'expulsion de deux responsables communautaires fin juillet), Bruxelles entend préserver son ancrage diplomatique et historique.

 

Une rupture avec le paternalisme diplomatique

La présidence burkinabè s'est félicitée du renforcement des liens binationaux, désormais placés « sous le signe du respect des choix des autorités burkinabè ». Un message parfaitement reçu par le chef de la diplomatie belge, qui a tenu à marquer sa différence méthodologique. « La plus grande erreur serait de venir avec nos priorités et de demander à l'État burkinabè qu'il les suive », a déclaré fermement Maxime Prévot à l'issue de son audience.

Affichant la « ferme volonté » de son gouvernement de construire un « avenir positif » avec le Burkina Faso, le ministre a insisté sur la nécessité de maintenir le dialogue, même en cas de désaccords ponctuels. « Nous souhaitons bâtir encore une coopération de respect et de confiance sur les fondations qui ont été construites durant cinq décennies », a-t-il souligné.

 

Le pari du dialogue face à la souveraineté sahélienne

Ce rapprochement belgo-burkinabè intervient dans un paysage géopolitique sahélien en pleine recomposition. Réunis au sein de l'Alliance puis de la Confédération des États du Sahel (AES) aux côtés du Niger et du Mali, les autorités de Ouagadougou ont acté une rupture consommée avec l'ancienne puissance coloniale française, privilégiant un partenariat stratégique et sécuritaire renforcé avec le sud global.

En prônant l'écoute plutôt que les leçons de morale, la Belgique tente un pari diplomatique audacieux : maintenir un pont fonctionnel entre l'Europe et le Sahel souverainiste, là où la stratégie de confrontation a conduit à l'impasse.