Guinée : purge au sein de l'armée, plus de 170 militaires et gendarmes radiés

Guinée : purge au sein de l'armée, plus de 170 militaires et gendarmes radiés

Un décret présidentiel lu à la télévision nationale annonce la radiation de 173 éléments des forces armées pour « désertion ». Parmi les officiers limogés figure le commandant Michel Lamah, acteur central du renversement d’Alpha Condé.

 

Coup de balai au sein du dispositif sécuritaire guinéen. Par le biais d'un décret officiel lu dans la soirée du lundi sur les antennes de la Télévision Nationale Guinéenne (RTG), le président Mamadi Doumbouya a officialisé la radiation des effectifs des armées de 173 militaires et gendarmes. 

La mesure a été rendue publique par le général Amara Camara, ministre-secrétaire général de la présidence et porte-parole de l'institution. « Les 173 militaires dont les prénoms et noms suivent sont radiés des effectifs des forces armées pour désertion », indique le texte officiel, sans toutefois apporter de précisions sur les circonstances exactes ni sur le calendrier lié à ces imputations de « désertion ».

 

Le commandant Michel Lamah parmi les radiés

Si le décret touche un contingent important de soldats et de gendarmes, un nom retient particulièrement l'attention : celui du commandant Michel Lamah. Ancien membre du Groupement des forces spéciales (GFS) (l'unité d'élite créée sous l'ancien régime dont est lui-même issu le général Mamadi Doumbouya), l'officier est une figure emblématique des évènements politiques récents du pays.

En septembre 2021, le commandant Lamah faisait partie du commando d'élite qui avait mené l'assaut contre le palais présidentiel pour renverser Alpha Condé, alors au pouvoir depuis plus de dix ans. Une image capturée lors du coup d'État le montrait à bord d'un véhicule aux côtés de l'ancien chef d'État mis en arrestation.

 

Verrouillage politique et consolidation du pouvoir

Cette vague de radiations survient dans un contexte de contrôle étroit de l'appareil d'État et des institutions par le président guinéen. Après avoir mené le putsch de 2021 en tant que colonel avant de prendre le grade de général, Mamadi Doumbouya a affermi sa position à la tête du pays.

Ces derniers mois ont été marqués par une consolidation méthodique du pouvoir. Plusieurs formations politiques ont été suspendues et les rassemblements publics restent interdits depuis 2022, donnant lieu à des répressions ciblées. De nombreuses figures de l'opposition ainsi que des représentants de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou contraints à l'exil.