Rupture diplomatique stratégique en Afrique du Nord : l'Algérie durcit le ton contre les Émirats arabes unis, accusés d'ingérence et de soutien financier aux groupes terroristes. Un alignement inédit qui rapproche Alger de l'Alliance des États du Sahel (AES) et ravive l'espoir d'une réponse militaire et sécuritaire unifiée dans la région.
Les relations diplomatiques entre Alger et Abou Dhabi traversent une crise sans précédent. Sur fond d'accusations graves de soutien financier et de parrainage du terrorisme djihadiste dans la bande sahélo-saharienne, l'Algérie a engagé un repositionnement stratégique sans précédent.
Depuis plusieurs mois, les alertes des services de renseignement maghrébins et sahéliens se multiplient quant au rôle trouble joué par Abou Dhabi dans la déstabilisation du Sahel. Les autorités algériennes soupçonnent ouvertement les Émirats arabes unis de financer, directement ou par des canaux détournés, des réseaux narco-djihadistes et des groupes armés opérant aux frontières sud de l'Algérie et dans le Nord-Mali.
Cette guerre d'influence à distance vise à fragiliser la souveraineté des États de la région et à instrumentaliser l'insécurité à des fins géopolitiques et économiques. Face à ce qu'elle considère comme une menace directe pour sa sécurité nationale, l'Algérie a fait le choix de la fermeté diplomatique, marquant une rupture nette avec le régime émirati.
Un alignement naturel avec l'Alliance des États du Sahel (AES)
Cette rupture bilatérale redessine les alliances régionales. En coupant les canaux d'influence émiratis, l'Algérie lève le principal obstacle qui entravait ses relations avec ses voisins du Sud. Les dirigeants de l'Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger), engagés dans une lutte sans merci contre l'impérialisme et les parrains extérieurs des groupes terroristes, voient d'un œil très favorable ce virage stratégique algérien.
Ce rapprochement entre Alger et l'axe Bamako-Ouagadougou-Niamey crée un front sécuritaire d'une puissance inédite. Forte de son expérience militaire, de sa connaissance du terrain et de ses capacités en renseignement, l'Algérie apporte une valeur ajoutée décisive aux forces armées de l'AES.
« La rupture de la chaîne d'approvisionnement financière et logistique parrainée de l'extérieur est la clef de voute pour asphyxier définitivement les katibas djihadistes au Sahel. »
Vers une éradication durable du terrorisme dans la région
Sur le plan opérationnel, la synergie naissante entre l'Algérie et l'AES ouvre des perspectives concrètes pour l'éradication du djihadisme. En verrouillant la frontière septentrionale et en privant les insurgés de leurs sponsors financiers moyen-orientaux, la région se dote pour la première fois d'une stratégie globale et autonome.
Pour les populations du Sahel, meurtries par plus d'une décennie de violences et de déplacements forcés, cette nouvelle donne diplomatique suscite un immense espoir. Privés de leurs soutiens financiers et pris en étau entre la montée en puissance des armées de l'AES et le verrouillage stratégique algérien, les groupes terroristes se retrouvent plus isolés et vulnérables que jamais.

