C'est dans une ambiance de ferveur et de rassemblement que s'est tenue ce samedi l'apothéose de Kiyena-Foudoulem-Rodjoubi, édition 2026. L'événement phare, qui marque la fête traditionnelle de l'igname dans la préfecture de Sotouboua, s'est déroulé sur le terrain du CEG Sotouboua Ville I, réunissant les populations locales, les autorités administratives et coutumières, ainsi que de nombreux invités de marque.
L'événement a revêtu un éclat particulier grâce à la présence du Colonel Hodabalo Awaté, ministre de l'Administration Territoriale, de la Gouvernance Locale et des Affaires Coutumières du Togo, venu représenter le Président du Conseil, aux côtés du Préfet de Sotouboua, des députés et sénateurs, des cadres de la préfecture et de nombreux chefs traditionnels. Dans une atmosphère empreinte de ferveur et de joie, chants, danses folkloriques et démonstrations culturelles ont rythmé la journée, réunissant les 138 864 habitants de la préfecture autour de leurs valeurs patrimoniales.
Prenant la parole devant l'assemblée, le ministre a rappelé le sens profond de ce rendez-vous mémoriel et identitaire : « C'est avec un grand plaisir que je me retrouve parmi vous [...] pour célébrer ce lien profond entre la mémoire d'un peuple et son espérance ».

Le tubercule roi au cœur de l'économie locale
Carrefour stratégique situé à 288 kilomètres au nord de Lomé sur l'axe routier national, la ville de Sotouboua — dont le nom évoque la « rivière glissante » qui la borde — tire sa force de sa position géographique et de son potentiel agricole. Grâce aux pluies généreuses et au climat tropical de transition arrosé par la rivière locale et le fleuve Anié, la région offre des terres d'exception pour la culture de l'igname.
Au-delà de la cérémonie rituelle, cette journée est une vitrine pour l’économie agricole locale. Qu'il s'agisse des cossettes séchées destinées à la farine ou de la confection du mythique foufou d'igname — plat d'exception indispensable aux grandes occasions —, le tubercule demeure le pilier de la souveraineté alimentaire et du commerce de la région. Le ministre a d'ailleurs souligné la portée symbolique et humaine de cette production : « À Sotouboua, l'igname est bien plus qu'une culture vivrière : elle est travail, mémoire, abondance et dignité ».
Un hommage appuyé a également été rendu aux acteurs du monde rural par le Colonel Hodabalo Awaté : « Je voudrais donc rendre hommage à toutes ces braves femmes et à tous ces braves hommes qui, chaque jour, nourrissent nos familles, approvisionnent nos marchés et contribuent à notre souveraineté alimentaire. Ayékoo ! ».

Un vecteur d'unité et de développement
Dans leurs interventions respectives, les autorités nationales et locales ont salué le travail accompli par l'ADEPSO pour la sauvegarde du patrimoine culturel et le renforcement de la cohésion sociale. Les cadres de la préfecture ont souligné que cette fête est bien plus qu'un rendez-vous folklorique : elle constitue un puissant levier de transmission culturelle pour la jeunesse et un espace de concertation pour le développement socio-économique de Sotouboua.

La cérémonie s'est achevée autour de dégustations conviviales des nouvelles récoltes, concrétisant une fois de plus la solidarité et le dynamisme d'une communauté fière de ses racines

