L'entreprise publique algérienne Sonatrach amorce une nouvelle phase stratégique au Sahel, signe d'un réchauffement diplomatique entre Niameyrt Alger. Ce jeudi 13 août, la Sonatrach a officiellement démarré les opérations de forage d'un puits d'exploration à Kafra, dans le nord désertique du Niger, tout près de la frontière algérienne.
Le lancement officiel s'est déroulé en présence des Premiers ministres algérien, Sifi Ghrieb, et nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine. Opérée par ENAFOR, filiale de la Sonatrach, cette opération porte sur le puits d'exploration Kafra Sud-Est 1, qui doit atteindre une profondeur de 3 900 mètres.
Dans un communiqué, le ministère nigérien du Pétrole s'est félicité d'un événement qui « marque un tournant historique pour la coopération bilatérale et le secteur pétrolier nigérien [et] concrétise la volonté des dirigeants des deux pays de dynamiser le secteur des hydrocarbures. »
Un gisement stratégique de 260 millions de barils
Le bloc de Kafra s’étend sur plus de 23 700 km² et jouxte le bloc de Tafassasset, exploité par la Sonatrach côté algérien. Obtenu en 2005, ce permis de prospection fait l'objet d'un contrat de partage de production renouvelé en 2022.
Les réserves du site sont estimées à plus de 260 millions de barils. Au-delà de l'extraction, l'accord prévoit également un volet d'accompagnement : Alger s'est engagée à assurer la formation des cadres nigériens et un transfert de technologies.
Le symbole d'un dégel diplomatique entre Alger et Niamey
Ce coup d'accélérateur industriel concrétise le réchauffement des relations bilatérales après une période de vives tensions. En avril 2025, la destruction d'un drone malien par l'armée algérienne avait refroidi les liens entre Alger et la confédération formée par les juntes au pouvoir au Niger, au Mali et au Burkina Faso.
Depuis le début de l'année 2026, la dynamique s'est inversée. L'Algérie multiplie les gestes de coopération envers son voisin, avec qui elle partage 959 km de frontière commune. En juin dernier, Alger a fait livrer une centrale électrique de 40 MW pour approvisionner Niamey.
À noter également le don de quatre hélicoptères de combat et de matériel de défense en début de semaine. En matière de
sécurité, on assiste à un enforcement de la coopération transfrontalière face aux menaces terro-djihadistes, alors que la zone d'Assamaka reste sous pression sécuritaire.

