Monnaie de la CEDEAO : le Renouveau Démocratique dit "non" à l'adhésion de la Côte d'Ivoire

Monnaie de la CEDEAO : le Renouveau Démocratique dit "non" à l'adhésion de la Côte d'Ivoire


La question de la future monnaie unique de la CEDEAO continue de diviser la classe politique ouest-africaine. Réuni en conférence de presse ce mardi 25 août à la Riviera 2 (Abidjan), Lamoussa Djinko, président du parti le Renouveau Démocratique et économiste de formation, a vivement rejeté l'intégration de la Côte d'Ivoire dans le projet de l'Eco sous sa forme actuelle.


​Pour le leader politique, l'enjeu dépasse le cadre d'une simple transition monétaire : il s'agit avant tout d'une question de souveraineté nationale et régionale. 
Lamoussa Djinko a fermement critiqué le modèle économique ivoirien actuel, qu'il juge caduc, tout en appelant le gouvernement à revoir sa stratégie globale.

 

​Un risque de dépendance maintenu

​Au cœur de ses griefs se trouve le projet d'arrimage de l'Eco à l'euro, une condition qui, selon lui, maintiendra l'Afrique de l'Ouest dans le sous-développement. M. Djinko avertit que le passage du franc CFA à l'Eco ne doit pas se résumer à un changement de nom de façade. Il s'interroge notamment sur la capacité de la future Banque centrale commune à disposer d'une véritable marge de manœuvre pour piloter la liquidité, ajuster les taux d'intérêt et financer les économies locales sans tutelle extérieure.

 

​Une fracture au sein de la CEDEAO

​Cette prise de position s'inscrit dans un mouvement de contestation plus large. Le président du Renouveau Démocratique souligne que ses arguments rejoignent les réserves déjà exprimées par d'autres acteurs majeurs de la région, à l'instar du Nigeria et de la Guinée.
​Alors que les débats autour de la fin du franc CFA alimentent les tensions politiques depuis la fin de l'année 2016, la sortie de Lamoussa Djinko relance un dilemme central pour les États de la région : arbitrer entre la recherche d'une souveraineté financière totale et les exigences de concessions budgétaires communautaires.

Idrissa Keita