Fifa : Gianni Infantino sous haute pression lors d'une réunion au sommet au Maroc

Fifa : Gianni Infantino sous haute pression lors d'une réunion au sommet au Maroc

Le président de l'instance mondiale du football, Gianni Infantino, a convoqué ce mercredi une réunion de crise à Salé, près de Rabat, pour tenter d'éteindre l'incendie provoqué par son projet abandonné d'ouverture du football mondial à des investisseurs privés. Désavoué par ses propres cadres et menacé d'actions en justice par l'UEFA, le dirigeant italo-suisse traverse la plus grave crise de son mandat.

 

C’est dans la discrétion et à l’abri des regards que la direction de la Fifa s’est rassemblée dans la matinée au siège pour l'Afrique de l'instance, situé au sein du complexe Mohammed VI de Salé. La réunion s'est tenue à huis clos et aucune communication officielle n'a été faite sur le choix du Maroc — pays coorganisateur de la Coupe du monde 2030 —, où Gianni Infantino séjournait déjà à l'occasion de la Fête du Trône.

 

Une levée de boucliers historique

À l’origine de ce rassemblement d'urgence : la « Fifa Forward Enterprise » (FFE), un projet controversé visant à céder une partie de la gestion des activités commerciales et des compétitions phares, dont la Coupe du monde, à des investisseurs privés. Face à la bronca générale du monde du football, le projet a été retiré dans la nuit de vendredi à samedi.

En interne, le choc a provoqué une vague de désolidarisations sans précédent. Son conseiller principal, Carlos Cordeiro, a démissionné dès vendredi en signifiant son opposition « catégorique ». Dans un courrier adressé aux salariés, le secrétaire général Mattias Grafström a déploré des « événements tristes et condamnables », se réjouissant toutefois de « l’abandon permanent » de l'initiative. Même Arsène Wenger, actuel directeur du développement de la Fifa, a pris ses distances avec le président.

 

L'UEFA et la Concacaf demandent des comptes

À l'extérieur, la fronde s'organise autour des confédérations continentales. L'UEFA, qui a brandi la menace d'un boycott des prochaines Coupes du monde, a officiellement notifié à la Fifa qu'elle « envisage activement d'engager une action en justice », affirmant avoir totalement « perdu confiance » en M. Infantino. De son côté, la Concacaf (Amérique du Nord, centrale et Caraïbes) réclame désormais une « mise à plat complète » de la gouvernance du président.

À huit mois du scrutin de mars 2027 prévu à Rabat, où Infantino briguera un dernier mandat de quatre ans, la contestation gagne du terrain parmi les 211 fédérations membres. La Finlande, le pays de Galles, la Serbie et la Suède lui ont déjà retiré leur soutien. Mardi, le prince Ali ben Al Hussein, président de la Fédération jordanienne, est allé plus loin en accusant publiquement Infantino de chantage, affirmant sur le réseau X que l'aide financière de la Fifa avait été conditionnée à son soutien politique.

Jusqu'ici seul candidat déclaré, Gianni Infantino joue une partie décisive sur le sol marocain pour tenter de sauver sa fin de mandat et rétablir un dialogue rompu avec les géants du football mondial.