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Réunion délocalisée du Parlement de la CEDEAO à Cotonou : Guy Marius Sagna appelle à une rupture stratégique

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À la clôture d’une réunion délocalisée du Parlement de la CEDEAO de cinq jours dédiée aux Micro, Petites et Moyennes Entreprises (MPME), le député parlementaire Guy Marius Sagna dresse un bilan sans concession. Entre obstacles douaniers persistants et manque de volonté politique, l'élu sénégalais appelle à une prise de conscience des chefs d'État pour libérer le potentiel commercial de la région.

 

Les travaux du Parlement de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) se sont achevés sur un constat amer mais lucide. Durant cinq jours, parlementaires, experts et acteurs du secteur privé se sont penchés sur les multiples défis qui entravent l'essor des micro, petites et moyennes entreprises au sein de l'espace communautaire.

Pour l'honorable Guy Marius Sagna, cette rencontre délocalisée aura été l'une des plus révélatrices depuis le début de la présente législature. « Ces cinq jours de débats nous ont permis de nous rapprocher davantage de la réalité brute du terrain », explique-t-il. « Malgré les discours officiels et les efforts isolés de certains États membres, nos MPME continuent de se heurter à des contraintes structurelles majeures qui devraient être dépassées depuis longtemps. »

 

Un protectionnisme interne absurde

Au cœur des griefs exprimés par les acteurs économiques entendus lors de cette session : la persistance des barrières tarifaires et non tarifaires entre pays voisins. Une situation difficile que le député n'hésite pas à qualifier d'auto-sabotage économique.

« Il n'est pas logique que nous imposions plus d'entraves au commerce entre nos propres États qu'il n'y en a vis-à-vis de la France, du Canada, des États-Unis ou de la Chine », dénonce-t-il avec véhémence. « J'ai l'habitude de dire que la CEDEAO fait des centres pour les autres. Si l'on utilisait une métaphore sportive, c'est exactement comme si nous marquions continuellement des buts contre notre propre camp. »

Rappels de tracasseries aux frontières, lourdeurs administratives, taxes injustifiées : les témoignages d'entrepreneurs locaux — à l'image d'une transformatrice de produits agricoles venue exposer ses difficultés d'exportation — ont achevé de convaincre les parlementaires de l'urgence de la situation.

 

Appel à un choc de volonté politique

Face à ces blocages récurrents, le Parlement de la CEDEAO entend faire entendre sa voix auprès des instances décisionnelles de l'organisation régionale. Des recommandations précises doivent être transmises à la Commission ainsi qu'à la Conférence des chefs d'État et de gouvernement pour exiger un dépoussiérage des accords de libre-échange et une réelle application de la libre circulation des marchandises.

Mais pour Guy Marius Sagna, le problème dépasse la simple technique réglementaire : il s'agit avant tout d'un choix géopolitique et stratégique majeur.

« Nous ne participons pas à des réunions vaines. Ces échanges porteront leurs fruits, mais à une condition : que la Commission et surtout les chefs d'État comprennent l'urgence du moment », prévient le parlementaire. « Il est temps de rompre avec une CEDEAO vassalisée, qui continue de servir prioritairement les intérêts de puissances extérieures, pour bâtir enfin une CEDEAO souverainisée, résolument tournée vers la défense des intérêts de ses douze peuples. »

Alors que le marché interrégional peine toujours à décoller face aux géants de l'importation, le message des parlementaires à l'exécutif communautaire est clair : sans souveraineté économique et sans soutien franc aux entrepreneurs locaux, l'intégration ouest-africaine restera une coquille vide.