Une attaque d'une violence extrême a frappé le village de Dikera en plein cœur de la prière du vendredi. Le raid a donné lieu à des affrontements directs entre factions terro-djihadistes rivales, illustrant la détérioration sécuritaire préoccupante dans le centre-ouest du Nigeria.
Des groupes armés ont à nouveau semé la terreur dans le centre-ouest du Nigeria. Vendredi après-midi, peu après la fin de la prière collective, une horde de combattants s'est abattue sur le village de Dikera, situé dans la zone de gouvernement local de Borgu (État du Niger), massacrant des dizaines d'habitants et procédant à des enlèvements de masse.
Selon des témoignages de rescapés, l'assaut a été déclenché par une faction armée lourdement équipée. Plus de plusieurs centaines d'hommes armés de fusils d'assaut, de couteaux et de machettes ont encerclé le village alors que les fidèles quittaient la mosquée.
Le village voisin de Binzi a lui aussi été frappé au cours de la même expédition.
L'intervention inattendue d'une faction rivale
Alors que les combattants de Lakurawa exécutaient des villageois et rassemblaient des otages, la situation a pris une tournure inattendue avec l'intervention d'un second groupe terro-djihadistes présent dans la région, connu sous le nom de Mahmuda.
Cette confrontation inter-djihadiste a offert un répit inespéré aux habitants pris au piège.
Flou autour du bilan et silence des autorités
Samedi matin, aucun bilan officiel consolidé n'avait été communiqué par le gouvernement fédéral nigérian ni par les commandements militaires. La confirmation des attaques dans ces zones rurales reculées demeure particulièrement complexe.
Une source médicale basée à Dikera estime toutefois le bilan initial à au moins 40 morts. De son côté, la police de l'État du Niger a indiqué avoir été informée d'une vague d'enlèvements, mais a affirmé ne disposer pour l'heure d'aucune donnée formelle concernant des pertes humaines.
L'émergence obscure du groupe Lakurawa
Le groupe Lakurawa demeure une organisation méconnue mais particulièrement redoutée dans la région frontalière avec le Bénin.
Les combattants de Lakurawa sont tristement célèbres pour le régime de terreur fiscale qu'ils imposent aux populations rurales. Ils exigent la collecte d'impôts illégaux auprès des agriculteurs et des éleveurs, confisquant systématiquement les récoltes et le bétail de ceux qui refusent d'obtempérer.
Une insurrection fragmentée qui s'étend vers l'Ouest
L'attaque de Dikera survient alors que le gouvernement nigérian affirmait en août dernier avoir « démantelé » les groupes Mahmuda et Ansaru après l'arrestation de plusieurs de leurs chefs. Les faits démentent toutefois ces annonces triomphales et mettent en lumière la capacité de régénération de ces cellules extrémistes.

