À LA UNE Burkina Faso : mobilisation monstre Vendredi 2 octobre 2026 · Lomé

Burkina Faso : mobilisation monstre

Burkina Faso : mobilisation monstre

Des milliers de personnes se sont réunies lors de la « nuit de la RPP » pour célébrer le quatrième anniversaire de l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré. Entre discours souverainistes, rupture stratégique et grandes réformes économiques, le régime réaffirme son cap.

 

Une foule compacte, des chants patriotiques et un mot d'ordre : le soutien total au régime. Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées mercredi soir sur la mythique Place de la Révolution à Ouagadougou, ainsi que dans plusieurs régions du Burkina Faso, pour marquer les quatre ans de prise de pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré.

Organisée à l'initiative du gouvernement et retransmise en direct à la télévision nationale, cette soirée de veille, baptisée « nuit de la RPP » (Révolution progressiste populaire), s'est prolongée tard dans la nuit. Au rythme des prestations d'artistes locaux chantant les louanges du régime militaire, les participants ont acclamé le chef d’État de 38 ans, brandissant portraits et affiches à son effigie.

 

Un discours d'intransigeance et de souveraineté

Présent sur les lieux, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a qualifié l’événement de « nuit mémorable », saluant la présence de « révolutionnaires convaincus ». Dans une prise de parole très offensive, le chef du gouvernement est revenu sur le chemin parcouru depuis le coup d'État de septembre 2022 : « Il y a quatre ans, le Burkina Faso était piétiné dans sa dignité, dans son amour propre, par des hordes de terroristes manipulés et orchestrés par des puissances impérialistes. Aujourd'hui, le peuple burkinabè est debout. Le Burkina Faso respire », a-t-il déclaré sous les applaudissements de la foule.

Cette rhétorique anti-impérialiste s'inscrit dans la lignée des récents positionnements du capitaine Traoré. Dimanche dernier, lors d'une interview accordée à la presse, le chef de la transition a durci le ton en promettant de graves châtiments à tout « espion » étranger démasqué sur le territoire national, prévenant que « le sentimentalisme, c'est fini ».

 

Entre défis sécuritaires et réorientations stratégiques

Arrivé au pouvoir en septembre 2022 avec la promesse de juguler en quelques mois les violences djihadistes qui endeuillent le pays depuis 2015, Ibrahim Traoré a profondément réorganisé les alliances diplomatiques et sécuritaires du Burkina Faso. Le pouvoir militaire a rompu ses liens avec la France — accusée de soutenir les groupes armés— pour concrétiser un rapprochement stratégique avec Moscou.

Sur le plan économique, le régime met en avant sa volonté d'autonomie et de transformation locale des ressources brutes. Symbole de ce cap souverainiste : l'inauguration, ce lundi, d'une première raffinerie d'or nationale visant à permettre à l'État de reprendre le contrôle direct sur ses richesses minières.

Dans un contexte sécuritaire qui s’améliore de jour en jour, la démonstration de force de mercredi soir témoigne de la volonté du régime d'ancrer durablement la « Révolution progressiste populaire » dans le paysage politique burkinabè.