Politique : Abdoulaye Yéro Baldé fait le tour de l'actualité guinéenne

Politique : Abdoulaye Yéro Baldé fait le tour de l'actualité guinéenne

Au lendemain des obsèques de l’ancien Premier ministre Sidya Touré, une figure majeure de la scène politique guinéenne a accepté de livrer ses réactions et de brosser un tableau de l'actualité nationale. Contacté pour partager ses sentiments, Abdoulaye Yéro Baldé, président du Front Démocratique de Guinée (FRONDEG) et ancien candidat à l'élection présidentielle de 2025, est revenu sur l'héritage de l'illustre disparu, l'esprit du 2 octobre et les récents gestes d'apaisement politique dans le pays.

 

Un hommage appuyé à Sidya Touré

C’est avec une émotion contenue que le président du FRONDEG a réagi à la disparition du patron du gouvernement de 1996 à 1999 et président de l’Union des Forces Républicaines (UFR) : « C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris le décès de Monsieur Sidya Touré, ancien Premier ministre de la République de Guinée et Président de l’Union des Forces Républicaines (UFR). Sa disparition est une grande perte pour sa famille, ses proches, ses compagnons de l’UFR, mais aussi pour la Guinée. Notre parti politique s’associe à cette douleur nationale, car Sidya Touré restera dans l’histoire par son passage à la Primature, son combat pour les réformes et son engagement à la tête de l’UFR pendant de nombreuses années. »

Avant la transition de 2021, Abdoulaye Yéro Baldé et le défunt avaient partagé des responsabilités au plus haut niveau de l’État sous la présidence du Pr Alpha Condé — le premier occupant le poste de ministre de l’Enseignement supérieur, tandis que le second agissait en tant que Haut représentant du chef de l’État.

 

Indépendance : « Une responsabilité partagée »

Revenant sur la célébration de la fête nationale du 2 octobre 1958, le leader politique a rappelé la portée historique du choix fait par la Guinée en faveur de la liberté et de la dignité. Pour M. Baldé, au-delà de la commémoration symbolique, cette date engage la conscience collective : « Il y a une responsabilité partagée pour tracer ensemble l’avenir du pays, valoriser ses richesses, renforcer les institutions et garantir la justice pour tous. »

 

Décrispation politique : Salutation de la libération d'Aliou Bah

Dans un contexte marqué par la publication de plusieurs décrets de grâce et de libération de détenus, le leader de la majorité présidentielle a tenu à saluer publiquement la remise en liberté de son « frère et collègue » Aliou Bah, président du Mouvement Démocratique Libéral (MODEL), libéré après près de deux années de détention. Pour le président du FRONDEG, la conduite des affaires publiques exige parfois de dépasser les clivages partisans : « La liberté retrouvée par Aliou Bah, après près de deux années de détention, est d’abord celle d’un citoyen qui va pouvoir retrouver les siens. Mais elle constitue aussi, dans le contexte actuel de notre pays, un geste qui peut contribuer à restaurer la confiance. »

Abdoulaye Yéro Baldé dit espérer que cette mesure marquera le point de départ d’une « dynamique plus large d’apaisement, de dialogue et de confiance », soulignant que la Guinée a grand besoin de sérénité et de retenue pour permettre à chaque citoyen de contribuer à la construction du destin national.

 

Un ancrage territorial fort pour le FRONDEG

Sur le plan partisan, le patron du FRONDEG ne chôme pas. Fort du succès électoral de sa formation politique, qui a engrangé pas moins de 622 élus communaux, Abdoulaye Yéro Baldé multiplie actuellement les déplacements et les échanges avec les militants de la Guinée profonde ainsi qu'avec la diaspora, affermissant ainsi la position de son parti comme force politique de premier plan.

 

Keita Idrissa