Au Vietnam, un deuxième procès contre Truong My Lan déjà condamnée à mort dans une affaire de fraude
Au Vietnam s'ouvre le deuxième procès de Truong My Lan déjà condamnée à mort dans une affaire de fraude. Elle avait été arrêtée en octobre 2023 et jugée avec 85 autres prévenus. Elle est la dirigeante d'un géant de l'immobilier. Que s'est-il donc passé ?
A la suite d’un procès qui a duré environ un mois, elle a été condamnée en avril 2024 à la peine de mort dans une affaire de fraude dont les dommages ont été estimés par le parquet à 25 milliards d’euros au total, le plus grand scandale financier qu’ait connu le Vietnam, ce pays d'Asie du Sud.
En effet, la femme d'affaire Truong My Lan est accusée d'avoir escroqué environ 42 000 personnes entre 2012 et 2022, via un montage d’obligations transitant par la SCB, détenue à plus de 90 % par son groupe, avec la complicité de fonctionnaires chargés de superviser le secteur bancaire.
Mme Truong a été reconnue coupable de “corruption, détournement de fonds et violation de la loi bancaire”.
En avril dernier, la peine de mort n’avait été requise par le procureur que contre elle, considérée comme le cerveau de l’opération criminelle. Elle avait affirmé que c'était la faute de ses subordonnés. La femme d’affaires a estimé avoir peu de connaissance dans le secteur bancaire.
Elle a comparu pour une deuxième fois les 19 et 20 septembre 2024.
Ce deuxième procès est très suivi au Vietnam. Des centaines de victimes ont manifesté dans le centre de la capitale Hanoï cette semaine. Elles demandent aux autorités le remboursement de leur argent.
Ce lundi 23 septembre, le tribunal populaire de Hô Chi Minh-Ville a continué d'ouvrir le procès de Truong My Lan et de 33 complices liés aux violations survenues au sein du groupe Van Thinh Phat et de la banque SCB, a rapporté le média vietnamien Laodong. Ces subordonnés accusés aussi ont été à nouveau interrogés. Ils ont tous reconnu avoir commis les crimes mentionnés dans l'acte d'accusation et ont maintenu leurs déclarations auprès de l'organisme d'enquête.
Ils ont tous soutenu que l'argent a été utilisé par l'accusé Truong My Lan à de nombreuses fins différentes, et non à des fins d'émission, ce qui a conduit à l'incapacité de payer la dette obligataire.
Le média vietnamien Laodong rapporte que les accusés ont également déclaré qu'ils avaient agi conformément aux instructions, qu'ils étaient des travailleurs salariés et qu'ils croyaient aux politiques proposées par Truong My Lan.
Les accusés ont beaucoup de remords et ne peuvent pas imaginer que leurs actions ont causé trop de dommages à la population. Ils tenteront de trouver des moyens financiers pour surmonter les conséquences de l'affaire et demanderont au jury d'atténuer la punition pour les accusés, précise le média vietnamien Laodong présent au procès.
WTH