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Togo : Dodzi Kokoroko définit 7 mesures pour la nouvelle année académique

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En prélude à cette rentrée des classes, Prof Komla Dodzi Kokoroko, ministre des enseignements primaire, secondaire et technique a énuméré les défis à relever cette année. Ils se résument en 7 points et consolident la transformation du système éducatif togolais, avec un accent sur l’innovation, l’engagement collectif et l’implication des communautés.

Au Togo, plus de 3 millions d’élèves reprennent ce lundi 16 septembre sur toute l’étendue du territoire national le chemin des écoles après plus de deux (2) mois de vacance.

C’est devenu presque une coutume au Togo ces dernières années. Depuis qu’il est nommé au département en charge de l’éducation, Prof Komla Dodzi Kokoroko détermine les grands axes d’une nouvelle année scolaire. Des axes qui découlent du bilan de l’année scolaire précédente.

Cette année, le ministre des enseignements primaire et secondaire place l’année académique sous le thème « Une école au service des compétences réelles de la vie ».

Elle est, selon Prof Kokoroko, une année d’action et d’engagement collectif pour bâtir ensemble un système éducatif de qualité. Pour y arriver, il publie dans une note circulaire sept (7) points à respecter durant les 9 mois de cours.

In extenso les 7 points du ministre Dodzi Kokoroko

1- Les écoles-projets

Chaque école/établissement scolaire élabore un projet qui est la résultante des apprentissages. Le montage de l’énergie solaire pour l’éclairage d’une salle de classe au moins avec la mise en application des manipulations en électricité. La fabrication du filtre à eau (au programme mais jamais réalisée) pour faire face au problème d’eau potable après une activité d’EPS, le jardin potager durable, le reboisement d’espèces végétales appropriées avec l’appui des services techniques des ministères en charge de l’agriculture et de l’environnement et mettant en évidence les cours de SVT et d’agriculture, le début de la programmation des cours d’informatique pour les établissements qui ont reçu des ordinateurs (programme de technologie jamais mis en cœuvre auparavant). A cet effet, chaque école doit assumer ses responsabilités. Le projet comprendra 3 étapes le concept, la mise en œuvre et les résultats. Les écoles et établissements en leur sein et dans les périmètres pédagogiques seront accompagnés avec une documentation-synthèse, du matériel et les personnes ressources.

2- Le déploiement optimal et efficient du personnel enseignant et administratif

La numérisation des outils de gestion aboutira, à partir de cette rentrée, aux alertes instantanées et au suivi plus affiné des allocations.

Les pertes du temps d’apprentissage des élèves seront réduites par ces mécanismes d’alerte et le rôle accompagnateur du personnel d’encadrement, déployé en nombre, dans toutes les circonscriptions pédagogiques et doté d’outils spécifiques à cet effet, de matériels roulants et de matériel informatique.

3- La pérennisation de la formation initiale

Le recrutement continu des Elèves-Professeurs d’Ecole (EPE) avec la 3ème promotion en décembre 2024 et le début de la formation de 134 formateurs (professeurs des EPE) consolident pour des années, le tournant pour une éducation de qualité et accroît la bonne cotation de notre système éducatif.

4- L’évaluation

Un système qui ne dispose pas de chiffres fiables et spécifiques à chacune des actions qu’il mène ne peut prétendre à une analyse statistique et des stratégies fiables.

Le fichier d’immatriculation des élèves, la notation par notion, la fiche de performance des élèves sont des outils basiques d’identification des besoins d’apprentissage en œuvre immédiate.

Les directions de formation, d’enseignement et d’évaluation, avec leurs démembrements régionaux, ont préparé et affiné ces outils pour leur mise en œuvre.

5- La formation continue

Au moment où le gap en enseignant tend vers zéro (7% actuellement et 0% au prochain concours) et la disponibilité des enseignants ayant une formation initiale est à la hauteur des besoins, la formation continue sera renforcée avec un recours à la digitalisation et un schéma directeur à divers niveaux, afin de prendre en compte les besoins des élèves et des enseignants d’une manière générale et plus spécifique.

6- L’implication des acteurs et partenaires

Le ministère, les directions régionales et les inspections poursuivront les échanges avec les communes et les régions dans la mise en œuvre des plans locaux de développement et d’aménagement du territoire (une piste ou un pont peuvent rallier deux localités et supprimer la nécessité de construire un nouveau CEG ou lycée, la sécurisation des domaines fonciers pour la mise en œuvre de la carte scolaire, les conférences d’actualités avec les personnes ressources, etc.).

L’objectif est d’ancrer davantage l’école dans l’environnement local et national pour relever les défis communs relatifs à la disposition de domaines fonciers afin d’assurer non seulement la mise en œuvre continue de la carte scolaire mais aussi de favoriser des conditions optimales d’exercice pour les enseignants et d’apprentissage pour les élèves. Dans cette optique, la contribution et le suivi des parents quels que soient leur statut social et leur implication dans la mobilisation communautaire sont des déterminants essentiels pour en assurer la réussite.

7- La concrétisation des 10 orientations de l’année scolaire écoulée

La disponibilité des manuels de sciences humaines et de citoyenneté dans les sections du préscolaire et les classes du primaire sera effective. En outre, nous assurerons la continuité de l’élaboration de ces manuels pour les autres niveaux.

Le nouveau rôle des surveillants généraux formés en avril 2024 et qui sont devenus les conseillers principaux d’éducation (CPE) est réel à savoir: assurer la discipline, l’autodiscipline et l’accompagnement de l’élève dans la réussite de son projet scolaire personnel. Cette action, selon les prévisions réduira encore l’échec scolaire, les violences de toutes sortes et la déperdition scolaire.

Les actions entamées pour une école moderne se poursuivront. Il s’agit entre autres de la réalité des périmètres pédagogiques, du renforcement de l’articulation entre les niveaux d’enseignement, du suivi et de l’accompagnement de l’école privée (s’assurer des règles d’installation, d’ouverture et de fonctionnement, de la permanence des enseignants et directeurs autorisés à y exercer et leur prise en compte dans les formations).