C'est une véritable vague de démission qui secoue le Mouvement du 6 juin (M66). Quelques heures seulement après l'annonce du départ de Zaga Bambo, un autre poids lourd du collectif, Roméo Mokonzy, a lui aussi officialisé son retrait. Un coup dur pour le groupe contestataire qui ne compte plus que deux leaders à sa direction.
Une saignée à la tête du M66
La crise interne au sein du M66 semble prendre une tournure critique. Dans une vidéo diffusée sur ses réseaux sociaux, le blogueur et activiste togolais Roméo Mokonzy a emboîté le pas à Zaga Bambo en annonçant mettre fin à son engagement au sein du collectif.
Ces deux départs successifs réduisent considérablement la direction du mouvement, qui ne s'appuie désormais plus que sur deux influenceurs pour maintenir le cap. Un affaiblissement managérial et symbolique que Roméo Mokonzy n'a pas manqué de souligner en usant d'une métaphore explicite pour décrire la situation du mouvement : « Quand la tête n'est plus là, le reste du corps ne peut plus tenir. »
Cette déclaration sonne comme un constat d'impuissance quant à la capacité du M66 à poursuivre sa dynamique initiale sans ses figures de proue.
Un engagement citoyen maintenu « à titre individuel »
Tout comme Zaga Bambo avant lui, Roméo Mokonzy insiste sur le fait que cette démission de l'organisation ne marque en aucun cas un abandon de ses convictions politiques. L'activiste assure que ce départ n'altère en rien son engagement pour la cause togolaise et qu'il entend poursuivre sa lutte de manière indépendante, en dehors de toute bannière collective.
Pour rappel, le Mouvement du 6 juin (M66) s'est fait connaître en s'opposant avec virulence aux réformes constitutionnelles et à la gouvernance politique au Togo. Principalement composé de figures de la diaspora, d'artistes et de blogueurs très suivis sur les réseaux sociaux, le M66 est accusé par le pouvoir de tentatives de déstabilisation. Les autorités togolaises ont d'ailleurs lancé des mandats d'arrêt internationaux contre plusieurs de ses membres fondateurs.
Entre la pression judiciaire constante opérée par Lomé et la perte rapide de ses cadres dirigeants, l'avenir du M66 apparaît désormais plus incertain que jamais.

