Mali : ‘’L’effort de guerre n’occulte pas le développement social’’ selon le CNT

Mali : ‘’L’effort de guerre n’occulte pas le développement social’’ selon le CNT

Invité sur le plateau de FAMA TV, le vice-président de la commission défense du Conseil national de la Transition (CNT), Dr Fousseynou Ouattara, s'est livré à une analyse sans détour des coûts du conflit armé et de leur impact sur le budget de l'État. Un exercice de transparence visant à rassurer sur l'équilibre entre sécurisation du territoire et investissements sociaux.

Alors que le Mali fait face à une guerre asymétrique depuis plus d'une décennie, le coût quotidien des opérations militaires pèse lourdement sur les finances publiques et sur le contribuable. Pour lever le voile sur la gestion de ces ressources stratégiques, le numéro deux de la commission défense du CNT, économiste de formation, a apporté des éclairages quant à la structuration de la programmation militaire et aux arbitrages budgétaires nationaux.

Une priorité sécuritaire encadrée par des choix budgétaires équilibrés

L'un des enseignements majeurs de cette intervention réside dans la part réelle allouée aux forces armées au sein du budget national. L'honorable Fousseynou Ouattara a révélé que la grande muette capte environ 19 % du budget de l'État. À titre de comparaison, l'Éducation nationale demeure le premier poste de dépense avec 35 % des allocations, illustrant la volonté des autorités de maintenir les cap sur les services sociaux de base.

L'analyse de la Loi de Finances apporte également un éclairage précis sur l'évolution récente des crédits accordés aux forces de défense et de sécurité :

Cette inflexion démontre que le Mali ne s'inscrit pas dans une économie de guerre totale, mais ajuste ses efforts en fonction des nécessités opérationnelles et des exigences de développement.

Cap sur l'industrie militaire et le retour de l'État

Pour le vice-président de la commission défense, la création d'une industrie militaire nationale souveraine constitue désormais un passage obligé pour affranchir le pays des dépendances extérieures face aux menaces asymétriques.

Toutefois, l'effort consenti pour les forces armées sert directement de levier au développement local. La présence militaire dans les zones autrefois occupées constitue le préalable indispensable au retour des administrations publiques, des écoles et des structures de santé. Les ressources étatiques continuent ainsi de financer des infrastructures essentielles pour répondre aux besoins urgents des populations.

Appel au civisme fiscal pour consolider la souveraineté

Pour soutenir cette dynamique tout en garantissant la souveraineté retrouvée du pays, le Dr Ouattara a lancé un appel vibrant au civisme fiscal. Il a invité l'ensemble des citoyens ainsi que le tissu économique privé à s'acquitter régulièrement de leurs impôts et taxes. Selon l'économiste senior, la consolidation des recettes fiscales demeure le pilier central permettant à l'État de financer à la fois la protection du territoire et l'essor économique du Mali.

Keita Idrissa