Mali : après cinq ans de Transition, le cap est mis sur le développement et la transformation économique
Cinq années après le début de la Transition, le Mali amorce un nouveau virage stratégique. Alors que les premières années ont été dominées par les défis sécuritaires, la réorganisation des institutions et l'affirmation de la souveraineté nationale, le gouvernement malien oriente désormais ses actions prioritaires vers le terrain socio-économique.
Lors d'une prise de parole bilan, le Premier ministre et Chef du gouvernement, le Général de division Abdoulaye Maïga, a résumé la trajectoire parcourue et les perspectives d'avenir en des termes clairs : « Ces cinq ans de la Transition auront été ceux de la restauration de l'État et de la reconquête de notre souveraineté. La prochaine étape devra être celle de l’accélération du développement économique et social. Notre priorité sera désormais d’intensifier la transformation structurelle de notre économie. » Cette déclaration marque un tournant dans la feuille de route des autorités de la Transition.
Le bilan des cinq ans : la restauration de l'État et le retour de la souveraineté
Les cinq premières années de la Transition ont été essentiellement consacrées au redressement de l'appareil étatique et à la réappropriation du territoire national. Le renforcement des capacités opérationnelles et des équipements des Forces armées maliennes (FAMA) a permis la réoccupation stratégique du territoire, symbolisée par le retour des symboles de l'État dans plusieurs localités clés.
Pendant ce temps, le pays a opéré une redéfinition profonde de ses alliances internationales, privilégiant le respect strict de sa souveraineté, la défense de ses intérêts stratégiques et le choix libre de ses partenaires.
L'adoption d'une nouvelle Constitution et la réorganisation administrative ont posé de nouvelles bases juridiques et institutionnelles destinées à refonder l'État.
Le nouveau cap : l'accélération du développement économique et social
Ayant posé les bases sécuritaires et politiques jugées indissociables de tout développement pérenne, le gouvernement entend désormais répondre directement aux attentes quotidiennes des populations.
L'objectif affiché est de faire traduire les acquis de la souveraineté retrouvée en bénéfices tangibles pour les citoyens. L’Accent est désormais mis sur le renforcement du système de santé, la modernisation de l'éducation nationale et l'accès accru à l'eau potable.
Dans le domaine des infrastructures et d désenclavement, on assiste à la réhabilitation et construction d'axes routiers stratégiques pour faciliter la libre circulation des personnes et des biens, stimulant ainsi le commerce intérieur et régional.
En matière de création d'emplois, plusieurs initiatives apportent un soutien accru à l'entrepreneuriat local et aux petites et moyennes entreprises (PME), vecteurs essentiels d'insertion socioprofessionnelle.
La priorité stratégique : la transformation structurelle de l'économie
Pour rompre avec la dépendance vis-à-vis des exportations de matières premières brutes, le gouvernement met l'accent sur la création de valeur ajoutée locale. L'intensification de la transformation structurelle s'articule autour de trois leviers majeurs.
- La valorisation des ressources minières et agricoles avec la mise en œuvre du nouveau code minier afin de garantir une meilleure retombée des mannes extractives (notamment l'or et le lithium) dans les caisses de l'État, tout en favorisant le développement de la transformation industrielle du coton et des produits agropastoraux.
- La souveraineté énergétique à travers des investissements stratégiques dans le mix énergétique (solaire, hydroélectricité) et restructuration des infrastructures de production pour réduire les coûts de l'énergie, principal frein à l'industrialisation.
- L'industrialisation et la modernisation agricole grâce à la mise en place de politiques d'incitation pour attirer les investissements dans le secteur manufacturier local et mécaniser davantage l'agriculture afin d'assurer l'autosuffisance alimentaire.
Une nouvelle ère pour la Nation
Après cinq années focalisées sur la sécurisation et la refondation des bases institutionnelles, le Mali aborde cette nouvelle phase avec l'ambition d'asseoir sa souveraineté politique sur une indépendance économique renforcée. La réussite de cette étape reposera sur la capacité des autorités à mobiliser les ressources internes, à attirer des investissements stratégiques et à maintenir un climat de stabilité propice à l'essor des affaires.

