Selon un rapport publié le 19 mars 2025 par la fondation allemande Konrad Adenauer, les groupes djihadistes ont connu une avancée significative dans l'extrême nord du Togo, mettant en péril la stabilité de cette région frontalière avec le Burkina Faso.
L'extrême nord du Togo, notamment la région des Savanes, est confrontée à une montée en puissance des groupes djihadistes. Cette progression, bien que lente, est désormais perceptible et suscite de vives inquiétudes quant à la sécurité et à la stabilité de la région.
Depuis mai 2022, date de la première attaque terroriste ciblant un poste militaire, les incidents se sont multipliés. Les périodes d'accalmie entre les attaques sont de plus en plus courtes, affectant tant les villages que les positions militaires. L'utilisation croissante d'engins explosifs improvisés (EEI) rend les déplacements particulièrement risqués, surtout dans la préfecture de Kpendjal, la plus touchée.
Initialement concentrés le long des frontières avec le Burkina Faso et dans des parcs nationaux tels que le Parc W et la Pendjari, les groupes djihadistes ont étendu leur influence vers l'intérieur du pays. Ces groupes, affiliés au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), une nébuleuse liée à Al-Qaïda, ont adopté des stratégies d'infiltration, de recrutement local et de violences contre les civils, érodant progressivement l'autorité de l'État dans ces régions.
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Malgré les efforts déployés par le gouvernement togolais, tels que le renforcement de la sécurité à la frontière nord dès fin 2018 et le lancement de l'opération militaire Kondjouaré, la menace persiste. Les groupes djihadistes continuent d'exploiter les tensions socio-économiques et les rivalités ethniques, notamment au sein des communautés peules, pour recruter et étendre leur influence.
Face à cette menace croissante, il est impératif que le Togo, en collaboration avec ses voisins et la communauté internationale, adopte une stratégie globale combinant des opérations sécuritaires et des investissements socio-économiques durables. Sans une intervention décisive et coordonnée, la région risque de sombrer davantage dans l'instabilité.
M.A