Après une absence prolongée de 73 jours qui a ravivé les tensions politiques et les interrogations sur sa santé, le chef de l’État camerounais est rentré dans la capitale ce jeudi.
Le président camerounais Paul Biya a regagné Yaoundé ce jeudi soir, mettant fin à plus de deux mois d’absence hors du territoire national. Parti de la capitale le 7 juin dernier pour ce que la présidence décrivait alors comme un « short séjour privé en Europe », le doyen des chefs d’État en exercice à travers le monde — aujourd'hui âgé de 93 ans — a réintégré le palais d’Etoudi accompagné de son épouse, Chantal Biya.
D'après les informations rapportées par la presse locale, le dirigeant s'était établi durant ces dix semaines à Genève, en Suisse, en compagnie de sa famille et de collaborateurs proches.
À sa sortie de l’aéroport, Paul Biya a salué la foule d’un simple geste de la main depuis l'intérieur de son véhicule aux vitres entrouvertes. Sur place, plusieurs dizaines de militants du parti au pouvoir, vêtus de pagnes à son effigie, s'étaient rassemblés dans une atmosphère festive pour marquer ce retour.
Un climat d'incertitude politique et de rumeurs
Cette longue absence, d'une durée inédite pour le chef de l'État qui dirige le Cameroun depuis 1982, n'a pas manqué d’alimenter une vive controverse politique au sein du pays. Face à de fréquentes rumeurs sur l'état de santé du président, le gouvernement avait dû intervenir en juin pour démentir des informations faisant état d'une hospitalisation dans une clinique genevoise.
Ce vide prolongé a intensifié les critiques de la part des figures de l'opposition, qui dénoncent un « pilotage automatique » de l'État ainsi qu'une forme d'inertie institutionnelle. Ce retour intervient dans un contexte politique particulièrement scruté, alors que la formation d'un nouveau gouvernement et la désignation attendue d'un vice-président demeurent en suspens depuis plusieurs mois.

