Burkina Faso : une quarantaine de journalistes goûtent à une formation militaire

Burkina Faso : une quarantaine de journalistes goûtent à une formation militaire

 

Vêtus de treillis militaires et tenant des fusils d'assaut entre leurs mains, plus de quarante journalistes burkinabés ont achevé ce vendredi une « immersion patriotique » au camp militaire.

​Organisée du dimanche 9 au vendredi 14 août à l'Académie de police de Pabré, située à une vingtaine de kilomètres de Ouagadougou, la session a réuni 44 journalistes (hommes et femmes) issus d'autant de médias publics et privés venus de diverses régions du pays. Si le gouvernement a désigné les organes de presse concernés, ces derniers ont dû envoyer un journaliste pour participer à ce stage de plusieurs jours comprenant exercices physiques, chants et maniement des armes.

 

​« Un journaliste professionnel qui n'est pas patriote est une menace »

​Dans une séquence vidéo diffusée jeudi par la télévision nationale RTB, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, s'adresse aux journalistes au garde-à-vous :
​« Allez-vous être des journalistes patriotiques et professionnels ? », leur demande-t-il.
« Affirmatif ! », répondent les participants en chœur.
« Un journaliste professionnel qui n'est pas patriote est une menace pour son pays », ajoute le ministre.
​Selon le directeur général de l'Académie de police, Lassina Traoré, l'objectif affiché est de « les imprégner des réalités opérationnelles et des valeurs qui guident au quotidien les forces de défense et de sécurité ».
​Mais les autorités burkinabè entendent ne pas s'en tenir là. Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a confirmé avoir donné des instructions pour inscrire cette formation dans la durée :
​« Désormais, chaque année, nous allons mobiliser tous les moyens pour qu'on puisse avoir des hommes de médias à notre disposition pour leur inculquer certaines valeurs. »
​M. Sana a également annoncé que cette politique d'immersion obligatoire sera prochainement étendue à d'autres corporations socio-professionnelles.
​Cette mesure s'inscrit dans le cadre de la politique ouvertement souverainiste menée par Ouagadougou.