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Intégration sous-régionale : le parlement de la CEDEAO trace la feuille de route pour faire des MPME les champions du marché unique

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Réunis à Cotonou pour la clôture des travaux de la Commission mixte du Parlement de la CEDEAO, les députés communautaires ont adopté un rapport final sans détour. Face aux lourdeurs administratives et aux tracasseries transfrontalières, la représentation régionale formule des recommandations robustes pour transformer le potentiel des PME en réalité économique. 

 

C'est un cri d'alarme assorti d'un plan d'action. Alors que les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) constituent plus de 90 % du tissu économique dans l’espace CEDEAO, leur passage à l'échelle se heurte encore à une muraille d'obstacles : tracasseries routières, fiscalité prédatrice, jungle normative et manque cruel d'accès aux financements. À l'issue de cinq jours de travaux intensifs à Cotonou, la Commission mixte du Parlement communautaire a acté une série de mesures correctives destinées aux États membres et aux institutions régionales. 

« La formalisation ne doit plus être vue comme une contrainte fiscale, mais comme un passeport pour la compétitivité et la ZLECAf. » — Hon. Alhajie S. Darboe, Co-président de la Commission mixte. 

 

Lever les verrous aux frontières et simplifier le quotidien des PME

Le constat dressé sur le terrain — notamment lors d'une immersion des parlementaires au Grand Marché PK3 de Cotonou et sur des sites industriels locaux — est sans appel : exporter d'un pays voisin de la CEDEAO s'avère souvent plus complexe que de commercer avec l'Europe.  Pour faire sauter ces verrous, le rapport adopté formule plusieurs exigences clés adressées directement aux gouvernements. 

Le Parlement recommande, entre autres, de sanctionner le harcèlement, les contrôles intempestifs et la perception de frais illégaux aux postes-frontières qui asphyxient les petits commerçants. Il juge utile que les Etats-membres fassent les efforts pour unifier les procédures douanières et simplifier l'enregistrement des entreprises grâce à des guichets uniques numériques pour accélérer le passage du secteur informel vers le formel. En vu d’accélérer la reconnaissance des identités, le parlement demande de généraliser l'usage de la carte nationale d'identité biométrique de la CEDEAO pour fluidifier la circulation des acteurs économiques. 

 

Financement et normes : assurer le passage à l'échelle

Au-delà des questions douanières, le Parlement pointe du doigt l'urgence d'une refonte du paysage financier régional. Les députés recommandent à la Banque de la CEDEAO pour l'Investissement et le Développement (BIDC) de déployer en priorité des guichets de financement concessionnels, des mécanismes de partage de risques et des fonds de garantie dédiés, en ciblant particulièrement les entreprises dirigées par des femmes et des jeunes. 

Côté compétitivité, la Commission de la CEDEAO est sommée d'accélérer l'harmonisation des normes de produits via le modèle ECOSHAM et d'opérationnaliser le Conseil d'Affaires de la CEDEAO (EBC). L'objectif est clair : préparer le tissu entrepreneurial local à affronter la concurrence dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). 

 

Ce qu'il faut retenir du Rapport Final

  • Aux États membres : supprimer les doubles taxations et digitaliser la création d'entreprise. 
  • À la Commission de la CEDEAO : créer des centres d'assistance à l'exportation le long des corridors stratégiques. 
  • À la BIDC : faciliter l'accès aux crédits à taux réduits pour les PME. 
  • Au Parlement : exercer un contrôle strict et publier le niveau de conformité des États face aux engagements communautaires. 

 

Le message envoyé depuis Cotonou est limpide : l'intégration régionale ne se fera pas par des déclarations d'intention, mais par la protection et l'accompagnement concret de ceux qui font l'économie au quotidien. Le Parlement communautaire s'est engagé à assurer un suivi rigoureux de l'application de ces recommandations sur le terrain.