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Bénin : Installation officielle du Sénat, Patrice Talon en passe d’en prendre la présidence

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Le Bénin franchit ce jeudi un nouveau cap dans son histoire institutionnelle du. La chambre haute du Parlement nouvellement créée a procédé à l'installation officielle de ses membres, consacrant l’entrée de l'ancien président Patrice Talon au Sénat et ouvrant probablement la voie à sa présidence. 

 

Un tournant institutionnel majeur à Porto-Novo

La vie politique béninoise vient d'écrire une nouvelle page de son histoire constitutionnelle. Issue de la révision de la loi fondamentale promulguée fin 2025, la création du Sénat réorganise le paysage institutionnel en transformant le Parlement béninois en une assemblée bicamérale. 

Composée de 25 membres — personnalités désignées et membres de droit —, cette nouvelle instance de régulation politique et de seconde lecture des lois s'est réunie pour installer officiellement ses nouveaux sénateurs. 

Parmi eux, l'attention était quasi exclusivement focalisée sur Patrice Talon. Deux mois après avoir quitté le palais de la Marina à l'issue de ses dix ans de mandat présidentiel, l'ex-chef de l'État y siège désormais en qualité de membre de droit, un statut réservé statutairement aux anciens présidents de la République. 

En l'absence du doyen d'âge Nicéphore Dieudonné Soglo, retenu hors du pays pour des raisons de santé, c'est Élisabeth Pognon, ancienne présidente de la Cour constitutionnelle, qui a conduit la première réunion à huis clos consacrée au démarrage des travaux. 

 

Une assemblée réunissant les figures historiques du pays

L'installation de cette première mandature prend la forme d'un véritable rassemblement des grands serviteurs de l'État. Aux côtés de Patrice Talon, la présence de plusieurs personnalités de premier plan confirme la vocation du Sénat à s'imposer comme un véritable « conseil de sages » républicain :

  • Thomas Boni Yayi, ancien président de la République (2006-2016), siégeant également en qualité de membre de droit. 
  • Bruno Amoussou, figure historique de la politique béninoise et ancien président de l'Assemblée nationale. 
  • Ousmane Batoko, ancien président de la Cour suprême. 
  • Louis Vlavonou, ex-président de la chambre basse, rejoint les rangs de l'institution au terme de son mandat parlementaire.

La cérémonie s'est déroulée en présence de plusieurs invités de marque, dont Joseph Djogbénou, actuel président de l'Assemblée nationale. 

 

Une présidence promise sans véritable suspense

Si la session d'installation constitue le préalable formel, les regards sont déjà tournés vers l'élection du bureau exécutif de la chambre haute. Au sein de la majorité parlementaire comme dans les couloirs du pouvoir, le choix du futur président du Sénat ne fait guère de doute : Patrice Talon apparaît comme le candidat incontournable. 

L'ancien chef de l'État est une figure populaire forte bénéficiant d'une assise politique solide. Ses partisans mettent en avant son expérience au sommet de l'État et sa maîtrise intime des rouages institutionnels pour justifier une présidence perçue comme un gage de stabilité et de régulation politique.

 

Entre garantie de stabilité et réserves de l'opposition

Ce retour rapide de l'ancien président au premier plan politique ne manque toutefois pas de faire réagir. Si la majorité y voit un pilier garant de la continuité et de la paix républicaine, l'opposition politique exprime des réserves quant à la concentration du rôle de régulateur entre les mains de l'architecte des réformes des dix dernières années.

Quoi qu'il en soit, avec cette prise de fonction, le Sénat béninois s'apprête à entamer ses travaux sous une impulsion politique majeure, confirmant que Patrice Talon reste plus que jamais une figure centrale de l'échiquier politique national.