Nouvelle déconvenue judiciaire pour l’homme d’affaires français Vincent Bolloré. Le milliardaire de 74 ans a vu son pourvoi rejeté ce mercredi par la chambre criminelle de la Cour de cassation en France. Il tentait par cette démarche d’obtenir le dessaisissement du tribunal de Paris au profit d'une autre juridiction, remettant en cause l'impartialité des juges. Avec ce revers, la voie est désormais définitivement balisée pour la tenue de son procès, très attendu au Togo, prévu du 7 au 17 décembre prochain.
La stratégie d'évitement rejetée
Le dossier concerne directement le Togo. Mi-mars, les juges d'instruction français avaient ordonné le renvoi devant la justice de l'ex-patron du groupe Bolloré pour des soupçons de « corruption d'agent public étranger », portant sur des faits survenus à Lomé entre 2009 et 2011. L'affaire tourne autour de la gestion et de la concession du Port autonome de Lomé (PAL), un poumon économique stratégique pour le pays.
Pour contourner ce rendez-vous judiciaire, le milliardaire avait saisi la Cour de cassation le 28 mai dernier, contestant « l'impartialité objective » du tribunal de Paris et espérant faire plaider « la nullité de l'entière procédure » devant une autre instance. Le même jour, M. Bolloré et ses avocats avaient brillé par leur absence lors d’une audience fixant les modalités pratiques du procès, informant le tribunal à la dernière minute du dépôt de cette requête en « suspicion légitime ».
Examiné à huis clos, ce recours a finalement été rejeté par la plus haute juridiction judiciaire française. Si les motivations exactes de la décision n'ont pas encore été rendues publiques, le signal envoyé par la justice est clair.
Vers un dénouement attendu depuis près de deux décennies
Cette tentative manquée s'inscrit dans un contexte de vive tension entre la défense et l'accusation. Lors de l'audience de mai, le vice-procureur financier Jean-Christophe Michard avait fermement dénoncé des manœuvres dilatoires, rappelant que les premiers faits reprochés remontent à près de 17 ans.
Pour les citoyens et observateurs togolais, ce verdict marque une étape décisive. Sauf nouveau coup de théâtre, Vincent Bolloré et ses deux coprévenus devront bel et bien s'expliquer sur la barre en fin d'année sur les conditions d'attribution des concessions portuaires à Lomé.
